Échos de nos activités
Parler, écrire
A l’Université populaire de l’argent (UPA), beaucoup d’activités que nous vous proposons consistent à prendre la parole au sein d’un groupe pour parler de vos affaires d’argent : vos joies, vos peines, vos inquiétudes, vos souffrances, vos interrogations, vos réussites, vos travaux en cours, vos découvertes, vos ambitions, etc., à propos de l’argent.
Notre devise à l’Université est d’ailleurs :
Osons parler argent, ça fait du bien, ça fait du lien !
Marguerite Duras a écrit cette belle phrase (Écrire, Gallimard, 1993) :
« Écrire, c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait. »
Nous ajoutons dans son sillage :
A UPA, on prend la parole pour savoir ce qu’on dirait si on se mettait à parler.
Plus précisément, on prend la parole parce qu’on a une idée plus ou moins précise de ce qu’on veut dire, et puis, lorsqu’on parle, d’autres mots viennent à notre conscience et parfois nous avons envie de les exprimer, et parfois nous le faisons, et parfois nous prononçons des paroles neuves, que nous n’avions jamais prononcées, et qui nous étonnent nous-mêmes, et nous nous disons :
Cela, je ne me l’étais jamais dit
C’est nouveau pour moi, et pourtant c’était en moi
Et ça me fait du bien de le dire comme ça
Cela m’éclaire sur ce que je portais en moi
Que je n’avais jamais dit comme ça
Cela change mon regard sur ma vie et sur la vie
Et me donne de la joie et une énergie nouvelle.
Apprivoisons l’argent
Cette rubrique propose chaque mois un triple regard sur l’argent à travers : un mot ou une expression ; une notion de base de la gestion du budget ; une maxime.
Un mot d’argent : dette
Définition : somme d’argent dont une personne, le débiteur, doit s’acquitter envers son créancier, le plus souvent à la suite d’un échange marchand ou d’un prêt d’argent. Mais il existe d’autres sortes de dettes : la dette de vie, la dette morale, etc.
Étymologie : latin debere qui signifie « tenir quelque chose de quelqu’un », d’où « devoir » et « être en dette. »
Commentaires :
- la notion de dette évoque la somme d’argent à payer et, de façon plus générale, à l’obligation de rendre des comptes et de s’acquitter de son devoir moral ;
- dans certaines langues, il existe une parenté étymologique entre la « dette », le « devoir », la « faute » ou la « culpabilité » : en allemand, le mot Schuld signifie à la fois une dette matérielle et une faute morale ; et schuldig signifie tant le « coupable » que le « débiteur » ;
- ces quelques cousinages de mots montrent l’extraordinaire capacité de l’argent et en particulier de la dette à susciter chez les humains des sentiments d’une vive intensité, et notamment de culpabilité : dommage, car les sentiments négatifs nous rendent la vie inutilement difficile ;
- il faut tout le culot de certains hommes d’affaires pour proclamer : Les affaires ? c’est bien simple, c’est l’argent des autres (Alexandre Dumas) : nous y reviendrons ultérieurement !
- la plupart des individus font joyeusement la confusion entre un crédit et une dette : au sens propre, ce n’est pas le client qui « fait un crédit » à la banque comme on l’entend dire souvent. Le client demande à sa banque de lui accorder un crédit, et la banque lui accorde – ou non – ce crédit. Le client a alors fait un emprunt à sa banque, et celle-ci n’oubliera pas de lui demander de le rembourser, en capital et en intérêts !
Une notion de base de la gestion du budget : surveiller l’évolution de ses dettes ; les maintenir au strict minimum.
- C’est dans les années 1970 qu’apparaît en France l’idée que la majorité des individus et des familles peuvent accéder au crédit, d’abord pour financer l’achat d’une maison ou d’un appartement puis, un peu plus tard, pour financer la consommation ;
- Aujourd’hui, toutes les banques proposent une riche gamme de crédits pour promouvoir l’économie de consommation et… conforter leurs propres profits ;
- Bien gérer son budget en matière de dette, c’est respecter strictement les quelques principes suivants :
- N’emprunter que pour financer des investissements importants et utiles (ex. acheter ou rénover un logement) ;
- N’emprunter que si on est en capacité de rembourser ;
- Ne pas avoir recours aux crédits renouvelables qui sont des prêts toxiques sans fin : leurs taux sont excessifs et leur utilisation excessive conduit au surendettement – ou en sont déjà le signal !
- N’utiliser le découvert autorisé que pour ce qu’il devrait être : une solution de secours provisoire et exceptionnelle ;
- Tenir à jour un tableau de TOUS les crédits qu’on a obtenus des banques, mais aussi de la famille ou des amis, en y ajoutant les factures en retard de paiement ;
- Si on est dans l’obligation de demander de nouveaux crédits pour pouvoir rembourser les crédits en cours, on est déjà en situation de surendettement, ou sur le point d’y entrer : il faut en sortir au plus vite et se faire aider pour déposer un dossier de surendettement auprès de la Banque de France : consulter pour cela son site ici.
La maxime delphique du mois : Ne fais aucun excès (38)
Au nombre de 147, les maximes delphiques étaient dans la Grèce ancienne des paroles de sagesses censées être inspirées du dieu Apollon (en savoir plus ici)
Traduction : n’emprunte pas d’argent au-delà de tes capacités de remboursement, et seulement pour acquérir ce qui t’est indispensable.