Apprivoisons l’argent
Cette rubrique propose chaque mois un triple regard sur l’argent à travers : un mot ; une notion de base de la gestion du budget ; une maxime.
Un mot d’argent : J’ai de quoi. Je (ne) me plains pas.
Contexte
Cette parole est extraite d’un échange amical que j’ai eu récemment avec une vieille paysanne pleine de sagesse du centre de la France. Une femme ni très riche ni très pauvre.
Commentaires
J’ai de quoi : quoi ?
On a bien compris que c’est d’argent qu’elle a voulu parler sans le dire clairement, dans un mélange de pudeur discrète et de jubilation sous-jacente ! En bonne Française, notre amie respecte à sa façon le tabou de l’argent : y penser toujours, n’en parler jamais. Question de prudence : si on se met à parler d’argent clairement, cela risque de mal tourner, soit que la personne en face trouve cela déplacé ou inconvenant, ou encore que cela mette à jour un conflit d’intérêt entre les deux qu’il est plus prudent de remettre à plus tard !
« J’ai de quoi » : magnifique formule consistant à dire clairement une chose sans la dire, sans prendre de risque, et joli tour de passe-passe !
« Je (ne) me plains pas. » Comme si, en matière d’argent, la norme était de se plaindre. Et que, si on ne se plaint pas, cela méritait d’être souligné et célébré !
Une notion de base de la gestion du budget : Mettre de la clarté et de la conscience dans notre vie financière, là où règnent souvent la confusion et l’angoisse.
Commentaires :
- Contrairement à l’idée de respecter ce faux ami qu’est le tabou de l’argent, nous avons intérêt à le regarder en face, et à mettre la main à la pâte pour éviter le risque de dégringolade de notre situation financière.
- Pour définir les buts de la psychanalyse qu’il était en train d’inventer, Freud a écrit autrefois : Là où est le « ça », le « moi » doit advenir, c’est-à-dire : le « moi », l’instance consciente d’adaptation de l’individu à la réalité, doit progressivement remplacer le « ça », le grand réservoir inconscient des pulsions et des passions (et des petites ou grandes catastrophes… !)
- Selon un processus très proche, la personne qui décide de mieux gérer son budget s’engage dans un processus comptable et psychique consistant à mettre de la clarté et de la conscience dans ses affaires d’argent. Comment ? en notant ses ressources et ses dépenses et en tenant à jour quelques tableaux de synthèse comptable qui lui permettront de connaitre en permanence l’évolution de sa situation financière, et de prendre les bonnes décisions pour la faire évoluer vers plus d’équilibre et de sécurité. Relativement simple, mais indispensable !
Une maxime delphique : ne te lasse pas d’apprendre (maxime 121)
Au nombre de 147, les maximes delphiques étaient dans la Grèce ancienne des paroles de sagesses censées être inspirées du dieu Apollon (en savoir plus ici)
Pour prendre de bonnes décisions en matière d’argent au quotidien, il faut :
- Apprendre une méthode simple et fiable de gestion du budget (notre Université populaire de l’argent vous en propose une excellente gratuitement) ;
- Connaître l’état de nos finances en permanence, grâce à un suivi léger mais permanent.
D’autres maximes pourraient utilement s’appliquer : selon des formulations différentes, toutes nous invitent à y voir plus clair dans l’évolution de notre situation financière :
- Agis seulement quand tu sais (50)
- Utilise ce que tu as (85)
- Recherche ton intérêt (110)
- Enseigne les plus jeunes (127)
- Méfie-toi des tromperies (46)
- Ne compte pas sur la chance (142)
- Connais-toi toi-même (8) – ce qui signifie : connais tes limites