L’argent et la psychopathologie clinique
Texte de Jean Beaujouan, Université populaire de l’argent, 2023
Quelques généralités sur l’argent
- C’est un objet social.
- Sa caractéristique essentielle : il peut être échangé contre tout ce qui est à vendre sur un marché. On dit que c’est un équivalent universel de la valeur.
- Il a trois fonctions essentielles :
- Évaluer la valeur des « choses » (et donc, accessoirement, celle des humains ou au moins de leurs productions de toutes sortes !) ;
- Payer, c’est-à-dire éteindre la dette : à ce titre il favorise les échanges économiques ;
- Conserver-stocker la valeur dans la durée (épargner).
- À cause de ces trois fonctions essentielles – évaluer, payer, stocker la valeur – l’argent est, sur l’ensemble de la planète, l’activateur principal et puissant de la vie économique :
- Issu de l’épargne et du crédit, l’argent permet à un entrepreneur de l’investir (par exemple dans la création d’une entreprise ou la construction d’une usine de production) en vue de produire des biens et des services et d’en tirer un profit généralement lui-même financier ;
- Il permet aux producteurs de biens et de services de vendre ceux-ci pour payer les charges d’approvisionnement et de fonctionnement de leur entreprise ;
- Le solde entre le produit des ventes et toutes les dépenses de production constitue le bénéfice ou profit qui était la motivation initiale de l’entrepreneur et qu’il s’approprie pour subvenir à ses besoins, pour épargner ou pour réinvestir.
L’argent est donc à la fois le moteur et le facilitateur de la vie économique, productrice des biens et services dont chaque individu a besoin pour survivre (se loger, se nourrir, etc.), pour réaliser son projet de vie (famille, métier) et pour accéder à une certaine qualité de vie (s’instruire, occuper ses loisirs, avoir une vie sociale, etc.)
- Il est fondé sur la confiance commune des membres d’une communauté politique et économique ;
- Il est un moteur et un instrument du lien social ;
- L’argent est une énergie, c’est le « carburant de la vie » des humains ;
- C’est sa large diffusion qui a permis le développement de l’individualisme à partir du 18ème siècle ;
- Il est un instrument de pouvoir, et donc de domination ;
- Il impacte tous les humains de façon à la fois puissante et quasi-universelle : les sociologues disent qu’il est un fait social total ;
- Ils disent également qu’il est un analyseur : si, dans une situation humaine quelle qu’elle soit, on parvient à décrypter sa dynamique propre – c’est-à-dire d’où il vient, les mains dans lesquelles il passe, les motivations qu’il suscite et sa destination finale – on a toutes les chances d’en comprendre l’essentiel ;
- Chaque individu (et/ou chaque famille) « a » une certaine situation financière dont les deux composantes principales sont :
- Ses ressources et ses dépenses : c’est son argent vu sous sa forme de flux: celui qui entre et celui qui sort en principe régulièrement. On est là dans la gestion du budget, qu’il s’agit en principe d’équilibrer…
- Son patrimoine : c’est la valeur en euros de tous ses biens relativement stables (biens immobiliers ou commerciaux, véhicules, meubles, bijoux, vêtements, œuvres d’art, épargne stable, placements financiers, etc.) dont on soustrait la totalité des dettes restant à rembourser ; on parle alors d’argent sous forme de stock. Géré avec sagesse, ce patrimoine apporte une certaine sécurité et permet de réaliser des projets de vie.
- Au regard des différents critères ci-dessous, toute situation financière peut être évaluée comme :
- Plus ou moins opulente ;
- Plus ou moins fragile ;
(La caractéristique « opulence » et la caractéristique « fragilité » sont en principe indépendantes : une situation financière « opulente » peut aussi bien être fragile que robuste et une situation financière impécunieuse peut être aussi bien stable qu’instable). - En dynamique de croissance ou de décroissance ;
- Plus ou moins bien gérée ;
- Plus ou moins légitime – selon le degré d’éthique avec lequel elle a été acquise ;
- Plus ou moins éthique – selon l’utilisation qui en est faite, etc.
- La connaissance que chacun a de sa propre situation financière et sa capacité à la gérer de façon compétente et sage sont souvent assez modestes…
Quelques données cliniques sur l’argent
Nous ne reprendrons pas ici les écrits de Freud sur l’argent, que tout psychothérapeute qui se respecte est censé connaître…
- L’argent est un puissant excitant psychique, tant des individus que des organisations : il active une large palette de sentiments et d’émotions dont certains peuvent prendre une dimension pathologique ;
- Chaque sujet humain a une certaine relation à l’argent : en partie inconsciente, elle est structurée à la fois
- Par ses héritages généalogiques (produit des croyances et des histoires de vie de de ses ancêtres par rapport à l’argent) ;
- Par ses propres expériences de vie au regard de l’argent ;
- Par l’univers culturel et social dans lequel il baigne.
Cette relation influence fortement ses comportements au regard de l’argent. C’est en elle qu’apparaissent ses fragilités voire ses pathologies psychiques liées à l’argent.
- L’argent est un représentant et une enveloppe psychique du moi.
Pour certains psychologues, l’argent – et donc le patrimoine – d’une personne fonctionnent comme une enveloppe psychique protectrice du moi, de même que le vêtement est une enveloppe protectrice du corps.
Bonne ou mauvaise, notre situation financière contribue donc à forger notre identité personnelle, et l’image que nous avons de nous-mêmes.
Même si cela repose bien souvent sur une illusion, une personne riche a tendance à s’identifier à son patrimoine, à sa maison, à sa voiture, à ses vêtements, à ses revenus, etc. Et l’argent peut lui apporter un sentiment de protection et de puissance. A l’inverse, une personne financièrement démunie peut être fragilisée dans sa construction identitaire.
Allant plus loin, certaines personnes semblent incorporer leur patrimoine (terres, appartements, maisons, véhicules, fonds de commerce, placements financiers, épargne, argent, bijoux, œuvres d’art, châteaux, etc.) et leurs flux financiers : cela signifie qu’ils ont tendance à considérer leur argent comme constitutif de leur identité, et comme une extension permanente de leur propre corps (Ce qui est dit ici de l’argent vaut d’ailleurs pour beaucoup d’autres patrimoines : leurs enfants ; leurs diplômes ; leur réseau d’amis ; leurs compétences professionnelles, leurs décorations, etc.).
Acquis de façon éthiquement satisfaisante, l’argent renforce les structures identitaires de son possesseur : on peut faire le lien avec ce que le philosophe Spinoza appelle « la puissance d’exister et d’agir ».
En l’absence de pathologies spécifiquement attachées à la relation à l’argent, la possession d’un patrimoine, même modeste, constitue donc pour son propriétaire un étayage positif dans la construction de sa personnalité.
L’étymologie de « posséder » est la racine indo-européenne *sed- « être assis » et le latin potis sedere, qui signifie : « maître et possesseur de » et « être assis » Avoir un patrimoine, même modeste, conduit à se reconnaître comme une personne ayant le droit de s’asseoir dans un endroit et au milieu d’objets familiers dont il est maître et possesseur et qui lui apportent une « légitimité d’être » et une sécurité au moins minimale. Emmanuel Lévinas montre que nous avons besoin de nous approprier les choses et le monde pour nous constituer comme un Je capable d’accueillir un Tu. « Le domicile, condition de toute propriété, rend la vie intérieure possible. Le moi est de la sorte chez soi. » (Cité par Martin Legros dans son article Être ou avoir, une histoire d’équilibre, Philosophie Magazine d’octobre 2015, p. 60).
- Une volonté excessive de s’approprier l’argent peut devenir la cause de comportements démesurés et destructeurs, tant pour l’accumulateur pathologique que pour ses « victimes » : ce sont l’hubris et la chrématistique des philosophes grecs du 4ème siècle avant notre ère ; c’est, aujourd’hui, l’obsession de s’enrichir par tous les moyens et sans limites de bon nombre de chefs d’État (pour leur pays et/ou pour eux-mêmes), de dirigeants politiques, d’entrepreneurs, de financiers, d’hommes d’affaires, de commerçants et de professions libérales, portés par le souffle puissant de l’économie capitaliste néolibérale ou d’État (Hénaff Marcel, Le prix de la vérité, le don, l’argent, la philosophie, Seuil, Paris, 2002, p. 107 à 126 ).
Cette volonté d’appropriation et d’accumulation de la richesse financière donne lieu à une formidable lutte de tous contre tous, individus contre individus et classes sociales contre classes sociales (Honneth axel, La lutte pour la reconnaissance, Gallimard folio essais, Paris, 2018, p. 17 à 55) :- Les gagnants sont généralement les riches, et ils en jouissent plus ou moins discrètement. Mais, pas plus que les autres humains, ces « privilégiés » ne semblent finalement parvenir à atteindre le bonheur et encore moins la sagesse, ni au moins cette tranquillité de l’âme que les grecs anciens appelaient l’ataraxie.
- Les perdants sont les plus pauvres qui en ressortent dévitalisés : ils sont mal nourris, moins bien soignés, moins éduqués, angoissés, souvent humiliés et confrontés à l’expérience dégradante de l’exclusion sociale ; et les sentiments d’inconfort, d’insécurité, de mésestime de soi et parfois de culpabilité fragilisent souvent leur santé corporelle et psychique et les empêche de s’imaginer capables d’atteindre une situation financière simplement décente et de s’y autoriser.
- Il existe des similitudes et probablement des liens forts entre « l’état de santé » financier d’un individu et son état de santé psychique :
- Ces deux états sont entourés de nombreuses zones d’ombres, y compris au regard de cet individu lui-même : les processus de refoulement y font « honnêtement » leur obscur travail quotidien pour le protéger de certaines informations potentiellement inquiétantes, mais au risque de lui jouer par ailleurs de mauvais tours qui ne seront détectés que trop tardivement !
- L’amélioration ou la dégradation de l’état de santé dans un domaine interagit – dans le même sens – dans l’autre domaine ;
- Dans chacun des deux domaines, l’individu est partiellement conscient des fragilités ou des dangers liés à sa situation et du fait qu’il devrait y apporter des améliorations ;
- Mais il a tendance à procrastiner selon des processus psychiques comparables à ceux qui forment le projet d’entamer une psychothérapie ou de se lancer dans une démarche de gestion plus rigoureuse de leur situation financière ;
- Lorsque l’individu commence une démarche « thérapeutique » dans le registre financier, et/ou dans le registre psychothérapeutique, la dynamique de transformation positive semble fonctionner dans les deux cas sur un modèle également similaire…
Les pathologies collectives à l’égard de l’argent
- Le tabou de l’argent ;
- La société publicitaire d’hyperconsommation ;
- Les conduites prédatrices de certaines entreprises ou professions ;
- La culture de l’argent-roi ;
- L’illettrisme de l’argent ;
- Les jeux d’argent ;
- Le surendettement.
Les pathologies individuelles à l’égard de l’argent
- La prodigalité ;
- L’addiction aux jeux ;
- La compulsion d’achat ;
- L’incompétence financière pathologique ;
- L’avidité financière ;
- L’avarice.
Problématiques psychiques concrètes des individus au regard de l’argent
Voici, à titre d’illustration, quelques exemples de difficultés psychiques que nous avons identifiées, au cours des 20 dernières années dans divers groupes de parole ou de consultation sur l’argent, d’ateliers de formation à la gestion du budget ou encore dans le cadre de séminaires de sociologie clinique sur la relation à l’argent à forte connotation thérapeutique :
- Incapacité quasi pathologique à regarder en face sa situation financière, tendance à se mettre dans des situations déficitaires sans fin, recours excessif au crédit qui conduit à des situations de surendettement souvent traumatisantes ;
- Installation dans une situation durable de dénuement financier qui expose la personne à des expériences graves de privation, de stress, de mépris, de culpabilité, d’exclusion, de dépression et d’autres maladies psychosomatiques ;
- Manque grave d’estime de soi et de confiance en soi, et/ou relation très dégradée à l’argent qui entrave la capacité de la personne à défendre ses intérêts financiers dans le cadre professionnel (négocier son salaire, obtenir des promotions) ou dans le cadre personnel et familial (ex. demander sa juste part du patrimoine commun pour une femme en cas de divorce ; être l’objet d’injustice et de maltraitance dans le cadre d’une succession familiale) ;
- Jeunes adultes qui sont tenus dans une dépendance affective pathologique à l’égard de leurs parents à travers des aides financières malsaines que ceux-ci leur prodiguent de façon plus ou moins secrète ou inégalitaire, etc.) ;
- Histoires d’argent de toutes sortes qui sont liées à des abus sexuels et parfois à des actes incestueux intergénérationnels ou entre frères et sœurs.
Et encore…
- Horreur des chiffres, de l’argent, besoin d’apprendre à compter, à gérer son argent pour « devenir un peu libre » ;
- Relation passionnelle et contradictoire avec l’argent ;
- Tendance structurelle à se faire escroquer ;
- Sentiment d’écartèlement et conflit de loyauté chez des personnes « transfuges de classe » ;
- Représentations extrêmement négatives de l’argent, qui deviennent un obstacle à en gagner au moins suffisamment pour vivre décemment ;
- Incapacité notoire à comprendre l’argent comme une énergie et à en faire un allié pour sortir de la misère ;
- Peur de reproduire les malédictions et le malheur attachés à l’argent hérité des parents ou, plus largement, de certaines branches de l’arbre généalogique ;
- Difficulté à sortir de l’esclavage d’une sensation de dette à rembourser sans fin… ;
- Besoin de se guérir des injustices d’argent graves subies dans la famille élargie durant l’enfance, de pacifier une relation conflictuelle avec l’argent pour pouvoir l’accueillir ;
- Etc. à l’infini (grande diversité du vécu de chaque personne.)
Principales sources de nos dysfonctionnements ou problématiques au regard de l’argent :
- Les transmissions trans généalogiques plus ou moins toxiques dont nous sommes les héritiers : les enfants héritent des problématiques non résolues de leurs parents (selon la formule du sociologue clinicien Vincent de Gaulejac.) ;
- Les évènements traumatiques que nous avons nous-mêmes vécus au cours de notre vie : le séminaire Relation à l’argent et histoire de vie l’illustre abondamment ;
- Les pathologies collectives du monde social dans lequel nous vivons.
Au cours des dernières décennies, certaines évolutions du système capitaliste néolibéral et de « l’air du temps » sont venues modifier l’environnement financier et culturel des Français :
- Ils étaient des personnes citoyennes, ils sont de plus en plus poussés à devenir de simples consommateurs : avec l’encouragement public de l’État, les entreprises et l’industrie publicitaire les incite à consommer à la limite de leurs moyens financiers. La consommation leur est proposée comme une raison de vivre légitime, et parfois comme un devoir citoyen pour stimuler la croissance économique ;
- Les volumes de crédits à la consommation augmentent, et notamment des crédits renouvelables qui en sont les plus dangereux ; vivre à crédit devient une condition « normale » aujourd’hui ; mais qui dit crédit dit également dette et soumission, perte d’autonomie, risque de surendettement et donc fragilisation et souffrances psychiques ;
- Le taux moyen de rémunération du capital investi versé aux actionnaires des entreprises est passé de 5 % en 1980 à 23 % en 2015 (multiplié par environ 4,5 !) (source : Insee) : la part relative des salaires a donc diminué fortement, augmentant la fragilité financière d’une partie importante de la population (près de 11 millions de personnes pauvres en France en 2023 selon Oxfam France) ;
- Les idéologies qui circulent dans l’air du temps incitent chacun à devenir « entrepreneur de soi-même » c’est-à-dire à préférer une certaine liberté au salariat, ce qui implique de devenir in fine « l’exploiteur de soi-même » ;
- Parallèlement, les réseaux sociaux et le développement infini de la digitalisation (de ses cookies et de ses big data) nous enserrent dans des réseaux de plus en plus serrés de société disciplinaire d’autosurveillance (Byung-Chul Han, philosophe allemande d’origine sud-coréenne influencé notamment par Michel Foucault, Psychopolitique. Le néolibéralisme et les nouvelles techniques de pouvoir, Circé, Strasbourg, 2016) ;
- Au plan écolo-économique, notre société est engagée, pour cause d’appât du gain financier, dans un processus accéléré de destruction des réserves vitales non infinies de notre « Terre-Mère ». Ce processus aura assez rapidement des effets majeurs de perturbation et même de conflits de survie entre les peuples, les États, entre les classes riches et les classes pauvres, et viendront fragiliser encore plus la vie psychique des personnes ;
Ces évolutions présagent le profil et les problématiques (notamment financières) d’un nombre croissant de patients/clients potentiels à venir : salarié insatisfait ou autoentrepreneur ; une certaine fragilité financière ; des arrimages familiaux et sociaux peu consistants ; l’angoisse – liée à l’angoisse de mort – de manquer de ressources (notamment à l’approche de la retraite puis de la grande vieillesse) ; une difficulté à s’insérer dans une économie dont on critique la nature des activités de façon de plus en plus radicale, etc.
Commentaires pédagogiques
- Il n’existe pas de stratégies thérapeutiques spécifiques de travail sur l’argent, et le thérapeute n’a pas besoin d’être lui-même expert en budget ni en finances. Ce travail d’accompagnement thérapeutique obéit pour l’essentiel aux mêmes processus et règles que dans les autres domaines de la vie psychique : d’abord écouter le patient, l’inviter à explorer plus avant ses souffrances ou ses questionnements et, de façon plus générale, les productions de son inconscient, l’aider à mettre des mots sur ses maux, faire confiance au couple patient-thérapeute pour produire un travail utile pour le premier (et tant mieux si, sans toujours en être conscient, celui-ci a contribué à enrichir l’expérience clinique de son thérapeute dans le champ de l’argent !).
- Des interactions positives puissantes semblent exister entre :
- Le travail psychique d’un patient au regard de l’argent tel qu’il est réalisé dans le cadre de sa psychothérapie ;
- Et le travail concret de mise en ordre des affaires d’argent du patient dans le cadre d’un coaching financier individuel ou de sa participation à des ateliers de perfectionnement de la gestion de son budget.
- S’appuyant sur cette affirmation s’il la croit pertinente, le thérapeute peut faciliter le travail de son patient sur l’argent lorsque :
- Il connaît lui-même suffisamment les mots clés, les méthodes élémentaires et les enjeux liés aux principales étapes de la gestion du budget et du patrimoine ;
- Il a lui-même travaillé sur sa propre problématique psychique au regard de l’argent ;
- Il accorde une écoute suffisamment fine au discours de ses client.es-ou-patient.es sur leur situation économique réelle et sur leur problématique à la fois économique et psychique liée à l’argent
Annexe 1. Que serait une relation optimale à l’argent ?
- La capacité à se procurer des ressources financières
- En gagner suffisamment par des moyens légaux et éthiquement satisfaisants, sans « se tuer au travail » ;
- Faire avec autrui des transactions équitables ;
- Recevoir un don ;
- Recevoir et « digérer » psychiquement un héritage ;
- Emprunter de manière prudente, en fonction de ses capacités de remboursement (certaines personnes empruntent au-delà du raisonnable, d’autres sont, de manière également quasi pathologique, incapables d’emprunter).
- La capacité à utiliser l’argent
- Savoir distinguer l’argent sous forme de flux (les ressources et les dépenses mensuelles) et l’argent sous forme de stock (le patrimoine, l’épargne, les dettes) ;
- Connaître sa propre situation financière : combien on possède, quel est le montant de ses ressources et celui de ses dépenses, et comment tout cela évolue (pour pouvoir gérer son argent, il faut d’abord « spéculer » – au sens étymologique de « regarder, observer » – afin de faire la clarté là où beaucoup d’individus sont dans la confusion) ;
- Satisfaire ses besoins vitaux et ceux de ses proches ;
- Réaliser des projets au service de la vie, bénéfiques pour soi, pour ses proches et pour l’humanité ;
- Gérer raisonnablement son budget et son patrimoine ;
- Penser l’argent dans la durée, et notamment faire des prévisions de rentrées financières et de dépenses (mais aussi investir cet argent en vue d’en tirer un revenu ou de constituer un capital) ;
- Manier une grosse somme d’argent (ex : pour acheter un logement) ;
- Entretenir une relation équilibrée et vigilante avec son banquier (pour tenir compte du fait que le banquier est souvent dans un conflit d’intérêt avec son client lorsqu’il le conseille dans ses affaires financières).
- La capacité à donner à l’argent une juste place dans notre vie
- Le regarder comme un moyen, non comme une fin ;
- Ne pas le diaboliser, ne pas le considérer comme s’il était un être humain doué de volonté, avoir de lui une représentation réaliste ;
- Lui donner une place modérée – ni trop, ni trop peu – dans notre vie psychique (nos pensées, nos conversations, nos émotions…) ;
- Faire normalement confiance en l’avenir ;
- Faire confiance à un tiers – ce qui n’exclut ni les précautions préalables, ni un contrôle a posteriori ;
- Respecter la loi et les usages.
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