Les personnes surendettées sont assez démunies des compétences de base en matière de manipulation de l’argent, de gestion de leur budget et d’utilisation des services bancaires. En conséquence, elles sont plus que d’autres exposées à faire des erreurs, à ne pas maîtriser suffisamment leurs comptes, à se faire spolier par certains individus ou agents économiques peu scrupuleux, à recourir au crédit de manière aveugle et finalement à tomber dans le surendettement.
La présente étude (elle a été réalisée en 2011 avec l’aide de quatre étudiants stagiaires de Sciences po Paris / Institut d’Études Politiques de Paris – IEPP) met en lumière quelques composantes caractéristiques de ce syndrome : les personnes concernées ne classent pas leurs documents administratifs et financiers, ne connaissent pas ou connaissent mal le montant de leurs ressources, de leurs dépenses, de leurs dettes, du solde de leur compte bancaire, elles ne constituent pas d’épargne de précaution, n’anticipent pas leurs revenus et leurs dépenses à venir, etc.
Elle pointe les multiples conséquences négatives de cet illettrisme de l’argent, tant pour les personnes concernées (confusion, souffrance psychique, vulnérabilité accrue) que pour la société (renforcement de la précarité financière et de l’exclusion bancaire, développement du surendettement et du coût social de son traitement, etc.).
L’étude souligne l’utilité de faire une distinction nette entre l’éducation budgétaire et bancaire, qui relève clairement de l’intérêt général, et l’éducation financière, qui relève plus de l’intérêt des particuliers relativement aisés et du système bancaire.
Elle expose les effets positifs multiples d’une éducation budgétaire et bancaire réussie : prévention du surendettement, accès à une plus grande autonomie, réduction de la pauvreté et de l’exclusion financière, apaisement des relations entre les banques et leurs clients fragiles etc. ?
L’illettrisme de l’argent, phénomène social important mais peu étudié
Qui sont les illettrés de l’argent ?
L’expression « illettrisme de l’argent » recouvre une réalité sociale qui, en France, touche une partie non négligeable de la population (On pourrait désigner cette réalité également sous le nom de « incompétence financière » ou, plus précisément, de « dysfonctionnement budgétaire et bancaire ». L’utilisation de ces expressions ne vise évidemment pas à stigmatiser les personnes qu’elles peuvent concerner, mais au contraire à désigner une sorte de handicap qui est pour elles source de souffrances et d’exclusion. Il s’agit là d’une réalité insuffisamment explorée, qu’il est nécessaire de nommer et de comprendre pour tenter d’y apporter un remède). On peut légitimement évoquer la probabilité d’illettrisme de l’argent chez les personnes qui sont concernées par au moins cinq des items suivants :
- Elles sont mal à l’aise ou incompétentes dans le traitement des documents administratifs, financiers, bancaires, fiscaux etc. qu’elles reçoivent. Elles ne savent pas bien les décrypter ou les comprendre. Elles ne les classent pas (ou pas bien) ;
- Elles ne sont pas à l’aise pour compter (au même titre que certaines d’entre elles ne maîtrisent pas suffisamment la lecture et l’écriture) ;
- Elles ne connaissent pas le montant des principaux postes de leur situation financière (leurs ressources, leurs dépenses, leurs dettes, le solde de leur compte bancaire) ;
- Elles ne font pas le suivi de leur situation bancaire : elles ne lisent pas leur relevé de compte bancaire, ne font pas leur rapprochement bancaire, etc. ;
- Elles n’anticipent pas leurs dépenses, leurs rentrées d’argent, leurs besoins à venir ;
- Elles ne constituent pas d’épargne de précaution ;
- Elles recourent au crédit, et notamment au crédit renouvelable, de manière plus ou moins aveugle, sans calculer préalablement leurs capacités de remboursement ;
- Elles ne font pas valoir leurs droits, notamment financiers, et sont malhabiles à défendre leurs intérêts pour négocier toute affaire ayant des enjeux financiers (vendre, acheter, négocier une rémunération, obtenir l’annulation d’une facturation injustifiée, etc.) ;
- Elles sont des consommatrices peu averties et peu responsables et constituent des proies faciles pour les individus peu scrupuleux de leur entourage ou pour les entreprises de biens ou de services qui mettent en œuvre un marketing agressif.
Ce phénomène concerne, à des degrés et sous des formes diverses, au moins quatre catégories de personnes :
- Les personnes qui ne savent pas compter ni gérer leurs affaires d’argent pour des raisons liées à des insuffisances intellectuelles ou culturelles (celles qui maîtrisent très insuffisamment la lecture, l’écriture et le calcul sont 9% en France – Cf. étude INSEE/ANLCI de 2004) ;
- Celles qui n’ont pas reçu de leurs parents une éducation minimale à la gestion de l’argent et qui ne maîtrisent pas les concepts et les savoir-faire élémentaires nécessaires à la gestion d’un budget et d’un patrimoine (défaut de transmission généalogique) ;
- Celles qui sont « fâchées » avec l’argent parce que celui-ci génère en elles des sentiments douloureux (angoisse, mépris, culpabilité, honte etc.) et qu’elles le mettent à distance ;
- Celles qui sont affligées de pathologies diverses dans le maniement de l’argent : les acheteurs ou les consommateurs compulsifs, les joueurs pathologiques, les prodigues, les contempteurs de l’argent, les « accidentés » de l’argent, etc. (Ces trois dernières catégories « accueillent » des illettrés de l’argent dont certains ont des compétences intellectuelles et un niveau culturel élevés.)
Un phénomène relativement peu étudié
A l’inverse de l’illettrisme classique (lire, écrire, compter) qui a fait l’objet d’études sociologiques approfondies et est combattu activement dans le cadre de politiques publiques ambitieuses (la loi de lutte contre les exclusions de 1998 en fait une priorité nationale), la lutte contre l’illettrisme de l’argent, dont les enjeux sont comparables, ne semble pas avoir retenu l’attention des chercheurs en sciences sociales ni des dirigeants politiques.
Les conséquences négatives de l’illettrisme de l’argent
Elles sont multiples
- La non optimisation des revenus : les personnes concernées manquent souvent d’habileté et de vigueur pour faire valoir leurs droits, pour négocier des contrats, pour faire « rentrer » l’argent qui leur est dû, ou encore pour rechercher de nouvelles sources de revenu ;
- Le manque de vigilance et de rationalité dans leurs dépenses, qui aggravent le déséquilibre de leur budget ;
- Le surendettement : une personne qui ne maîtrise pas ses affaires d’argent se laisse plus facilement entraîner dans le surendettement ;
- Le coût du surendettement, qui concerne en particulier :
- L’effacement ou le non recouvrement de dettes supportés par l’État, par les banques, par les bailleurs immobiliers et autres créanciers des personnes surendettées ;
- Les charges de fonctionnement supportées par l’État et par la Banque de France pour faire appliquer la loi sur le traitement du surendettement ;
- Les relations administrativement complexes et souvent coûteuses des illettrés de l’argent avec le système bancaire en général (fichages à la Banque de France) et problématiques ou conflictuelles avec leur banque en particulier (compte débiteur, facturations jugées abusives, retrait de certains moyens de paiements, tensions voire conflits, etc.)
- Leur vulnérabilité face aux multiples « prédateurs » du monde social : les « illettrés de l’argent » constituent des cibles idéales pour les aigrefins de tout poil qui opèrent dans le monde social et économique ;
- Les souffrances psychiques. Les personnes incompétentes dans le maniement de l’argent paient deux fois : 1/ elles sont, plus que les autres, financièrement fragiles 2/ leur incompétence financière est pour elles source d’un vécu douloureux au quotidien (sentiments de précarité, d’angoisse, de soumission, de culpabilité, d’humiliation, de honte etc.), dont l’intensité est souvent sous-estimée voire méconnue.
Éducation budgétaire et bancaire versus éducation financière
Ces deux expressions recouvrent des réalités assez différentes, qu’il est indispensable de préciser :
- L’éducation budgétaire et bancaire a pour objet de donner à la personne qui en bénéficie les compétences de base mais aussi et surtout la motivation lui permettant :
- De tenir un budget ;
- De constituer une épargne de précaution ;
- De consommer raisonnablement et avec intelligence ;
- D’entretenir une bonne relation avec sa banque (Ce qui suppose en particulier d’en connaître les logiques de base et les produits principaux afin d’être un client « sans problème », mais aussi de savoir se protéger contre ses politiques de marketing parfois envahissantes).
- L’éducation financière a pour objet de donner à la personne en formation – supposée avoir acquis les compétences ci-dessus et une plus grande aisance financière – des connaissances et des savoir-faire lui permettant de constituer et de gérer son patrimoine.(C’est-à-dire constituer une retraite complémentaire, investir, faire des placements boursiers, immobiliers ou autres, transmettre à ses descendants etc.).
Ces définitions mettent en relief que :
- Les objectifs pédagogiques, les matières à « enseigner », les outils à transmettre sont nettement différents suivant qu’on vise l’une ou l’autre des deux sortes d’éducation ci-dessus ;
- L’éducation budgétaire et bancaire constitue un enjeu éducatif citoyen et d’intérêt public au service de personnes en situation de fragilité voire de danger, elle relève du domaine de l’intérêt général ;
- L’éducation financière se situe plus dans le champ de l’intérêt privé : celui des ménages détenteurs d’un patrimoine ou capables d’en constituer un, en tant qu’agents économiques, et celui des banques et autres institutions financières, en tant que prestataires de services financiers marchands ;
- L’éducation budgétaire et bancaire peut difficilement être confiée aux banques ni aux institutions financières ou de crédit, à cause du conflit d’intérêt qui existe, de facto, entre celles-ci et les apprenants, qui sont également leurs clients actuels ou potentiels (ce point nous semble fondamental !).
Les résultats d’une éducation budgétaire et bancaire réussie
Une personne qui s’est engagée avec succès dans un processus d’éducation budgétaire et bancaire présente les caractéristiques suivantes :
- Elle a accès rapidement à l’ensemble de ses documents administratifs, financiers et bancaires, elle les comprend et sait les décrypter, elle n’en a pas peur ;
- Elle tient régulièrement le compte de ses ressources et de ses dépenses, elle programme son budget à l’avance et en particulier ses dépenses exceptionnelles, elle connait en temps réel le montant de ses disponibilités à la banque (compte bancaire, comptes d’épargne) ;
- Elle dispose d’une épargne de précaution d’au moins quelques mois de revenus ;
- Elle entretient une relation informée et courtoise avec sa banque, son compte n’est qu’exceptionnellement à découvert (en position débitrice) ;
- Elle développe une attitude raisonnablement critique à l’égard des offres de ses fournisseurs de services bancaires et d’assurance, elle ne recourt au crédit que pour des motifs sérieux et veille à ne pas se mettre en danger de surendettement ;
- Elle consomme avec sagesse : elle privilégie les achats réfléchis, fondés sur un souci d’économie et d’utilité, sans vivre pour autant dans la tristesse ni l’austérité ;
- Elle défend ses intérêts financiers avec vigilance et vigueur, en particulier lorsqu’elle se trouve face à des entreprises ou à des particuliers qui cherchent à la tromper pour s’approprier ses ressources financières.
Cette description revêt un caractère un peu idéal : la réalité est le plus souvent située entre cet idéal à atteindre et l’état d’incompétence budgétaire et bancaire grave dans lequel se trouvait généralement la personne avant de se former.
Les enjeux l’illettrisme de l’argent
Pour illustrer ces enjeux, il convient de rappeler la place à la fois centrale et croissante que l’argent occupe dans notre monde contemporain.
L’argent est devenu le référent omniprésent de notre société « hyper moderne ». Pour certains sociologues, il constitue le « carburant de la vie ». Pour d’autres il est le dieu de la nouvelle religion universelle. La compétence pour se procurer ce précieux objet, pour le stocker, le protéger, le manier, le comptabiliser, le dépenser et l’investir est donc vitale.
La personne qui ne sait pas gérer son budget ni manier l’argent navigue donc à vue et souvent dans un épais brouillard, elle est une proie facile pour ceux qui la croisent, elle est particulièrement exposée à tous les accidents de la vie et à tous les dangers de naufrage, comme le serait un marin qui naviguerait sans boussole, sans carte marine, sans connaître sa position ni les prévisions météorologiques.
Enjeux individuels
- L’autonomie
La capacité à gérer soi-même ses affaires d’argent est une condition essentielle d’autonomie. L’incompétence budgétaire et bancaire, qui conduit souvent à la fragilité financière, au recours excessif aux aides sociales et/ou au crédit, se paie généralement d’une dépendance à l’égard d’autrui ou de la société, et d’une perte de liberté. « Qui paie commande » dit le dicton. Celui qui est assisté ou surendetté obéit, ou tout au moins devient dépendant. Il subit.
Une personne qui gère activement son budget accroit sa capacité d’indépendance à l’égard de la formidable pression publicitaire et au conformisme consommatoire déraisonnable de notre société, qui se qualifie elle-même de « société de consommation »
- La sécurité
La personne compétente en matière budgétaire et bancaire constitue plus fréquemment une épargne de précaution (auf si elle a des revenus vraiment insuffisants) et parfois un patrimoine, qui lui permettent de faire face aux dépenses imprévues voire aux accidents de la vie sans être mise en danger majeur.
Cette personne sera plus attentive à se protéger par une bonne couverture assurantielle.
Enfin et surtout, elle saura exercer un esprit critique contre les multiples offres plus ou moins mensongères de produits ou de services marchands inutiles ou néfastes, et déjouer les tentatives d’« escroquerie douce » dont le monde économique est de plus en plus coutumier.
- La dignité
La personne incompétente dans le maniement de l’argent est souvent le jouet impuissant des évènements et potentiellement des conduites prédatrices des autres humains. Elle est dans la confusion et dans l’incapacité de maîtriser une ressource essentielle de sa vie. Elle doit faire confiance à des tiers pour la gestion de son argent. L’incompétence financière est une forme de disqualification sociale, elle est souvent vécue comme une source d’humiliation. Recouvrer ou garder sa dignité passe par une maîtrise minimale de ses affaires d’argent.
- L’accès à une consommation raisonnable
Comme la gestion budgétaire, la consommation raisonnable suppose une démarche réfléchie consistant à identifier ses besoins et ses désirs prioritaires, et à les confronter aux ressources dont on dispose. Consommer intelligent, c’est acheter au mieux en fonction de ses moyens, et faire la part entre l’indispensable, le possible et le superflu. Ce mode consommatoire est constitutif d’une vie intelligente et sage, qui sait tirer le maximum de « bien vivre » de ressources nécessairement limitées.
- L’accès à une richesse minimale
Être financièrement compétent est en soi une richesse, comme toute compétence qui permet de mieux vivre. Cette compétence ne suffit certes pas à garantir l’accès à l’aisance financière, mais elle peut y contribuer de trois manières : 1/ En modérant ou en supprimant les dépenses inutiles, telles que les frais bancaires et financiers punitifs 2/ En incitant le gestionnaire du budget à constituer une épargne plus ou moins importante 3/ En poussant celui-ci à augmenter ses ressources avec plus de motivation et de compétence.
- La capacité à devenir (micro)entrepreneur et à créer de la richesse
Nous sommes tous des entrepreneurs potentiels au sens où nous avons tous, plus ou moins, des capacités à produire et à vendre des objets ou des services susceptibles d’être utiles à la société. Mais pour acheter, produire, transformer, vendre, il faut savoir suffisamment manier et compter l’argent, négocier avec son banquier, calculer des prix de revient et fixer des prix de vente, enregistrer les rentrées d’argent, etc.
L’acquisition de la compétence financière et bancaire est une condition indispensable pour qu’un entrepreneur potentiel crée effectivement une activité économique qui produira de la richesse pour lui-même et pour ses proches (fournisseurs, clients, salariés etc.). En un temps où l’insuffisance d’emplois salariés rend nécessaire la création de micro entreprises, ce point est important.
Au final, les personnes capables de bien maîtriser leurs affaires d’argent ont acquis une compétence essentielle dans le maniement d’un outil indispensable à leur survie et à leur épanouissement au sein du monde social et économique.
Enjeux pour la société, et pour les pouvoirs publics
- La prévention du surendettement
Pour une part importante, une personne devient surendettée lorsque sa situation financière est perturbée par un accident de la vie et qu’elle ne dispose d’aucune épargne de précaution. Ou encore lorsqu’elle recourt au crédit dans une fuite en avant aveugle, sans se préoccuper de sa situation financière et de sa capacité de remboursement.
Les politiques, les sociologues et les travailleurs sociaux s’accordent pour dire que la prévention du surendettement passe en priorité par l’éducation budgétaire et bancaire, qui réduit les conséquences destructrices des accidents de la vie.
- La réduction de la pauvreté
On est ou on devient pauvre parce qu’on manque gravement de ressources financières régulières, mais aussi, assez souvent, parce qu’on consomme de manière aveugle, inappropriée ou déraisonnable. A ressources égales, une personne ou une famille qui gère son budget avec vigilance vivra mieux et tiendra mieux le coup face à la crise économique et aux baisses du revenu que celle qui ne tient pas ses comptes. La gestion du budget entraine généralement une pratique plus sage de la consommation, et donc une meilleure situation financière (cela ne signifie évidemment pas que la bonne gestion d’un budget pourrait constituer une solution satisfaisante aux graves problèmes d’insuffisance de revenu de nombreuses familles).
- La santé psychique des Français
Lorsqu’une personne vit dans la confusion à propos de ses affaires d’argent, lorsqu’elle est surendettée voire harcelée par ses créanciers, lorsqu’elle est en conflit avec son banquier ou son employeur, avec un fournisseur ou une administration pour des histoires d’argent qu’elle ne maîtrise pas, elle est généralement perturbée par des sentiments puissants d’angoisse, de dévalorisation de soi, de culpabilité, de colère, d’injustice, etc.
L’incompétence financière et les souffrances d’argent sont d’abord des souffrances psychiques qui, au sens propre, empêchent les gens de dormir et les rendent malades, avec une intensité que les travailleurs sociaux et les médecins connaissent bien, mais que le commun des mortels sous-estime largement. Une personne qui connaît et maîtrise sa situation financière maîtrise mieux sa vie : sa santé psychique et physique s’en trouve améliorée.
- La capacité à exercer la citoyenneté
L’argent est un lien social. Celui qui en maîtrise convenablement le fonctionnement devient davantage capable de participer à la vie de la cité. A l’inverse, celui qui est incompétent dans ce domaine et rencontre de graves problèmes d’argent devient une sorte d’« handicapé social » qui bascule dans le monde de l’assistanat, d’une certaine forme de repli sur soi causé par de trop grandes souffrances psychiques et notamment par une image dévalorisée de soi.
- Le développement durable
Au cours des prochaines décennies, la société continuera à être confrontée à la nécessité de se conformer aux obligations d’un développement respectueux des ressources de la planète. En clair, la question est : comment consommer moins mais mieux ? Comment économiser les ressources, rationaliser les circuits de production et de distribution afin qu’une consommation plus intelligente produise autant sinon plus de « Bonheur intérieur brut » ou, plus modestement, un meilleur « Indice de développement humain (l’Indice de Développement Humain (IDH) de l’économiste et prix Nobel d’économie Amartya Sen comporte, parmi ses composantes, le taux d’alphabétisation !)» ?
Cette transformation radicale aura besoin de s’appuyer sur une capacité des ménages à maîtriser eux-mêmes leurs propres choix micro économiques en cohérence avec la politique conduite au plan national et international : si chaque individu, si chaque famille est un agent économique compétent, c’est-à-dire ayant des capacités de gestion budgétaire, d’anticipation, de contrôle, de choix rationnels, alors le développement durable pourra se mettre en place de façon plus rapide et plus harmonieuse.
